Ville de Singapour

 

Présentation

Singapour, est une Cité-État d’Asie de l'Est. Sa superficie est de 647,8 km2. Elle comprend 64 îles, dont la principale est Pulau Ujong (584,8 km2). Cette île est très densément urbanisée, mais une végétation luxuriante même en plein centre-ville a valu à Singapour le surnom de ville jardin. Cette abondance de verdure découle en partie d'un climat équatorial, uniformément chaud et orageux tout au long de l'année.

Cité-État située sur une île à l'extrême sud de la péninsule malaise dont elle est séparée par le détroit de Johor, Singapour est connue dans le monde entier et souvent montrée en exemple pour son extraordinaire réussite économique. Après l'indépendance, en 1965, Singapour a su devenir, avec très peu de ressources naturelles et des problèmes socio-économiques importants (émeutes raciales, chômage massif, difficultés de logement et d'accès à l'eau), un des pays les plus développés et les plus prospères du monde. La ville, cité souveraine, est un réduit chinois au cœur même du monde malais : la population est très majoritairement composée de Chinois (76,8%). De cette confrontation ethnique sont nés en partie les troubles qui ont accéléré son retrait de la Malaisie, le 9 août 19653.

Dans les années 1980, le pays fait partie des Quatre dragons asiatiques, des États en transition et au développement économique effréné. En 2009, Singapour est le 4e pays au monde en termes de PPA par habitant après le Qatar, le Luxembourg et la Norvège4. Plaque tournante commerciale et financière entre la zone Pacifique et l'Europe, la ville doit son essor à sa situation maritime exceptionnelle à l'extrémité est du détroit de Malacca : C'est la cité marchande aux confins de l'Orient, le deuxième port au monde (après Shanghai) en termes d'exportations et de trafic maritime. La population singapourienne dispose d'un très haut niveau de vie et la Cité-État est souvent surnommée « La Suisse d'Asie »5. En 2009, Singapour affichait ainsi la plus forte concentration de millionnaires rapportés à la population totale devançant Hong Kong, la Suisse, le Qatar et le Koweït6.

Présentant une stabilité politique remarquable, Singapour est considérée aujourd'hui comme une démocratie autoritaire, avec la même famille au pouvoir depuis l'indépendance. La Cité-État est donc considérée comme un pays pratiquant le libéralisme économique sans le libéralisme politique. La société singapourienne est réputée pour son fort conservatisme.

 

Histoire

Temasek ("la ville de la mer" en javanais), l'ancien nom de l'île où se trouve Singapour, est attesté dès le XIVe siècle. Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, mentionne « Tumasik » parmi les quelques cents « contrées tributaires » du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.

L’île fut baptisée Singapura (« ville du lion » en sanskrit) au XIVe siècle par Parameswara (aussi connu comme Sang Nila Utama), un prince de Palembang dans le sud de l'île indonésienne de Sumatra qui se serait exilé pour refuser la suzeraineté de Majapahit après une attaque de celui-ci en 1377.

En fait, il n'y a jamais eu de lion sur l'île mais des tigres (il existe bien en revanche un lion d'Asie, Panthera leo persica). Les explorateurs étaient probablement tombés sur un fauve de la jungle et l'ont assimilé à un lion. L'animal symbolique de Singapour est un lion à queue de poisson, le Merlion.

En 1819, le Britannique sir Thomas Stamford Raffles acheta7 l'ile au Sultan de Johor, Hussein Shah, et en prit le contrôle pour faire face à la domination commerciale des Néerlandais dans la région. Le Traité de Londres de 1824 entre les Britanniques et les Néerlandais accorde à ces derniers le contrôle des territoires revendiqué par les Européens au sud de Singapour. En 1826, Singapour, Malacca et Penang constituent les colonies des détroits ou Straits Settlements. Ainsi, Singapour devint une base navale britannique importante, qui permettait de contrôler le passage à travers le détroit de Malacca.

Cependant, cet arrangement plaça la colonie sous la bureaucratie étendue et la hiérarchie complexe de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Plus tard, des commerçants firent pression sur les Britanniques pour réformer la législation car il y avait un besoin croissant de nouvelles mesures contre le crime et la piraterie. Singapour a été déclaré « colonie de la couronne » en 1867, ce qui signifie une domination de la couronne britannique sur Singapour qui durera jusqu'à l'indépendance en 1965, hormis la parenthèse de l'occupation japonaise.

Durant la colonisation britannique, l'immigration se développa. En effet, les Britanniques firent venir dans la région des travailleurs chinois et indiens pour développer le commerce et travailler dans les plantations d'hévéas. Vu l'interdiction faite aux étrangers d'acheter des terres agricoles en Malaisie, ces communautés s'installèrent à Singapour, qui était alors surnommée "Le Gibraltar de l'Extrême-Orient".

Durant la Seconde Guerre mondiale, à partir du 15 février 1942, l’île est soumise à l'expansionnisme du Japon Showa et intégrée dans la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, suite à une invasion dirigée depuis les terres, alors que les défenses de la ville n’étaient orientées que vers la mer. Ce dispositif était appelé « Syonan-To » (en français « lumière des Sud »). Dans la Sook Ching, on estime qu'entre 20 000 et 100 000 Chinois furent tués en tant qu'« éléments anti-Japonais » pendant l'occupation. Les historiens locaux appellent cette période « les années les plus sombres de l'histoire de Singapour ». L'armée impériale y implanta également l'unité de recherche bactériologique 9420, une filiale de l'unité 731, où des chercheurs nippons pratiquaient des expérimentations sur des cobayes humains. Dans le même temps, un camp de prisonniers de guerre existait à Singapour, appelé "Camp de Changi". Des militaires britanniques, américains et australiens, principalement, capturés dès 1942 ou durant la guerre, y furent détenus. Les pertes humaines y furent nombreuses, à cause de l'hygiène déplorable et de la famine essentiellement8. L'Empire britannique récupéra Singapour seulement le 5 septembre 1945.

En 1959 les Britanniques dotent Singapour d’une Constitution propre et Lee Kuan Yew est élu Premier ministre. Son parti, le People's Action Party (« Parti d'action populaire ») propose alors l’intégration à la Fédération des états de Malaisie, ce qui fut fait le 16 septembre 1963. Peu après, les Malais de la péninsule forcent Singapour à quitter la Fédération (contre le gré de Lee Kuan Yew), dès 1964, des troubles éclatent, et l’indépendance de la République de Singapour vis-à-vis de la Fédération est proclamée le 9 août 19659.

 

Politique

 

 

La Constitution singapourienne est inspirée par le parlementarisme britannique. Le Parlement de Singapour est unicaméral (composé d'une seule chambre), c'est le pouvoir législatif de Singapour. Il comprend 84 membres pour un mandat maximum de cinq ans. Le Premier ministre est le chef du gouvernement. Le président de la République de Singapour est le chef d'État de la nation.

Dans les faits, le Parti d'action populaire (PAP) domine la politique singapourienne depuis l'indépendance. Le mode de gouvernement se rapproche plus de l'autoritarisme que d’une démocratie multipartiste10.

Depuis 1965 seulement trois premiers ministres, tous membres du PAP, se sont succédé : Lee Kuan Yew, le père de la Singapour moderne jusqu'en 1990, Goh Chok Tong de 1990 à 2004, et enfin Lee Hsien Loong, le fils de Lee Kuan Yew, depuis le 12 août 2004. Quant au président, théoriquement élu au suffrage universel direct pour un mandat de six ans, sa réélection le 17 août 2005 n'en était pas vraiment une car elle s'est faite sans vote : en effet, Sellapan Rama Nathan était le seul candidat au jour de l'élection, les autres candidats ayant été disqualifiés parce qu'ils ne remplissaient pas les critères nécessaires… des critères mis en place par le gouvernement et qui incluent l'obligation d'avoir eu un poste important dans le service public.

L'économie de marché singapourienne est reconnue internationalement comme un modèle de réussite tout en étant transparente et exempte de corruption11.

Singapour est membre de l'ASEAN (Association des Nations d’Asie du Sud-Est) et elle est couverte par les Five Power Defence Arrangements en cas d'agression contre elle.

 

 

 Géographie 

Singapour se situe entre la Malaisie au nord et l’Indonésie au sud. Pulau Ujong, l'île principale, est justement reliée à cette péninsule malaise par deux ponts. Le premier, qui est aussi appelé « chaussée » (Johor–Singapore Causeway), arrive à la ville frontalière de Johor Bahru en Malaisie. Le second (Malaysia–Singapore Second Link), à l’ouest, connecte la périphérie de Johor Bahru aux quartiers de la région de Tuas.

Outre l'île principale, l'état singapourien est aussi formée de 64 autres petites îles dont les plus importantes sont l'île de Jurong (industrielle), l’île de Sentosa (à vocation touristique), Pulau Ubin, et la plus grande, Pulau Tekong. Bien que Singapour ne soit qu'une seule ville, les limites administratives correspondent aux circonscriptions électorales. Celles-ci sont revues à chaque législative pour prendre en compte l'évolution démographique.

De nombreux réservoirs d'eau potable (Bukit Timah, Mc Ritchie...) ont été disséminés dans l'île pour permettre à l'état une autonomie d'approvisionnement en cas de guerre avec son voisin Malais, dont il dépend actuellement pour l'eau. Formant de magnifiques petits lacs artificiels, les réservoirs sont des endroits parfaits pour se promener loin de la ville ou encore admirer le singe lacustre et les tortues insulaires.

La nuit, il faut grimper au 52e et dernier étage de la Singapore's Premium Commercial Tower pour embrasser du regard la ligne d'horizon formée par le détroit de Malacca. Le jour, par temps clair, on peut apercevoir l'Indonésie.

 

Economie

Singapour est, avec la Corée du Sud, Taïwan, et Hong Kong, l'un des quatre « dragons » d'Asie comme l'on qualifie ces pays alors en pleine croissance économique dans les années 1980. Elle possède une économie prospère et moderne, caractérisée par un environnement ouvert et exempt de corruption, des prix stables et un des plus élevé PIB par habitant au monde (36378 $US en 2009)14. Son économie repose sur les services bancaires et financiers (deuxième place financière d'Asie après le Japon), le commerce, la navigation (le deuxième port du monde derrière Shanghai15 pour le tonnage cargo avec 515,415 millions de tonnes en 2008, mais aussi en conteneurs pour la même année avec 29 918 200 TEUs)16, le tourisme, les chantiers navals et le raffinage du pétrole (troisième raffineur mondial). Le secteur de l'industrie électronique est également très dynamique et connu dans le monde entier (la société Creative Technology a diffusé dans le monde entier les célèbres cartes-son Sound Blaster). Signalons aussi l'importance du secteur de l'armement, dopé par les commandes publiques de l'État singapourien qui dispose de deux fonds souverains, le Temasek Holdings depuis 1974 et le Government of Singapore Investment Corporation (GIC) depuis 1981.

En 2001 la récession mondiale et la chute du secteur des TIC n'ont pas épargné l’économie singapourienne. Le PIB a reculé de 2,1 %. Et l’épidémie de SRAS début 2003 n'a fait qu'amplifier cette crise.

Pour contrer ce ralentissement, le gouvernement a mis en place en décembre 2001 un comité de veille économique dont les résultats ont été publiés en février 2003. Il en résulte une volonté réaffirmée du gouvernement de s’insérer dans les échanges mondiaux en répartissant mieux ses intérêts (notamment avec l’Europe) tout en réduisant les coûts locaux.

Singapour fait partie de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

 

 Démographie

En 2010, Singapour compte 5 millions d'habitants. La cité-État a construit pour une grande partie d'entre eux des milliers de HDB. Dans chaque bloc de HDB, la mixité sociale est de règle, mais le mélange culturel est savamment dosé : les habitants sont « rangés » par immeuble en fonction de quotas ethniques. En 1947, Singapour comptait moins de 700 000 habitants répartis par communautés dans les ruelles des anciens quartiers malais, chinois ou indien.

Après Monaco, Singapour a la densité de population la plus élevée au monde. 85 % des habitants vivent dans des logements publics appelés HDB, il faut être de nationalité singapourienne ou être résident permanent (PR) pour avoir droit au HDB12.

La diversité ethnique de la population singapourienne est très importante : les Chinois composent 76,8 % de la population ; les Malais qui constituent le peuple autochtone représentent 13,9 % ; les Indiens forment 7,9 % et le reste provenant de divers pays notamment d’Occident13. Les métis Eurasiens sont reconnus comme une ethnie et portent cette mention sur leur carte d'identité, comme les autres ethnies.

 

Langues

Le parti dirigeant a préféré toutefois promouvoir l’usage de l’anglais comme langue fédérant les communautés et les échanges extérieurs. Plus récemment, la place du mandarin s’est vue renforcée dans l’enseignement et l’affichage public.

Les langues officielles sont l'anglais, le mandarin, le malais et le tamoul. Le malais est aussi symboliquement la langue nationale (utilisé pour l’hymne national)

L’anglais enseigné et promu suit la norme du Royaume-Uni. Toutefois, sur place, cette langue a connu une certaine inflexion de sa forme. Cet anglais de Singapour est appelé singlish, et est issu du métissage des populations. Elle va d'une accentuation reprenant les tonalités du chinois hokkien, à l’utilisation de nombreux mots hokkien et malais, en passant par certaines simplifications grammaticales. La population étant à plus de 70 % d’origine du Fujian en Chine (hokkien), cela explique cette influence.

 

Control interieur.

 

Les manifestations sans autorisation et les grèves sont interdites.

La censure y est pratiquée :

  • Certains magazines et journaux tels que le Far Eastern Economic Review ont leurs distributions restreintes. Les journaux malaisiens sont interdits à Singapour et réciproquement.
  • La possession d'antennes paraboliques est interdite. Seule la télévision par câble est autorisée.
  • Certains objets d'ordre politique ou pouvant nuire à l'harmonie religieuse et culturelle du pays sont interdits.
  • La pornographie est interdite ; les représentations d’ordre sexuel sont très restreintes : Playboy et d’autres magazines adultes sont interdits. En général, les films qui comportent des scènes de nudité, d’érotisme et de violence sont classés R(A) 22.

Certaines pratiques sexuelles désignées par le gouvernement comme contre nature sont illégales bien qu'elles soient tolérées. Il s'agit en fait de l'héritage de lois britanniques de l'époque victorienne n’ayant pas été révoquées après l’indépendance (une nouvelle législation annulant les lois antisodomie est entrée en vigueur lundi 17 septembre 2007 mais est limitée aux hétérosexuels23). On y trouve la pratique du sexe oral si elle n’est pas suivie de pénétration vaginale et l’homosexualité masculine. L’homosexualité féminine, d’après le Code pénal singapourien, semble tolérée. Dans l'ensemble, la société serait donc plus tolérante que ses lois. La rigueur de cette législation est d’autant plus surprenante que Singapour est une ville ouverte aux influences extérieures puisqu'une communauté gay influente y est organisée.

La prostitution est autorisée uniquement dans certains districts.

Le comportement vis-à-vis des femmes, notamment en public, ne doit jamais être équivoque. Sur simple dénonciation, la police peut procéder à des arrestations pour « attentat à la pudeur ». Les cas se sont récemment multipliés, et plusieurs Européens de passage se sont retrouvés bloqués pour ce motif à Singapour pour une quinzaine de jours avant leur comparution devant le tribunal21.

Les lois anti-drogues sont très strictes :

  • Quiconque pris en possession de plus de 13-14 g d'héroïne, 28 g de morphine ou 480 g de cannabis est passible de la peine de mort. De 1991 à 2005, 420 personnes ont été pendues à Singapour, majoritairement pour trafic de drogue, selon un rapport d'Amnesty International. Le nombre d’exécutions capitales par habitant de Singapour est le plus élevé du monde24.
  • La possession d’ustensiles permettant la consommation de drogue (pipes, seringues, etc...) est également interdite21.
  • Des contrôles peuvent même être effectués à l’entrée dans le pays (test d’urine confirmé par un test sanguin). En cas de test positif, la personne est réputée avoir consommé de la drogue sur place21.

Singapour dans le monde.

 

Singapour est accessible de plusieurs manières :

  • Par train depuis la Malaisie : depuis le terminus de la gare de Woodlands. La gare de Tanjong Pagar, fermée depuis le 1er juillet 201126 était l'ancien terminus constituant une enclave malaisienne à Singapour ;
  • Par avion : l'aéroport international de Changi connaît un fort trafic et est toujours en expansion, dans l'est de l'île ;
  • Par bus : certaines lignes singapouriennes traversent le causeway vers le centre-ville de Johor Bahru.
  • Par autocar : de nombreuses compagnies privées relient Singapour aux grandes villes de Malaisie (Malacca, Kuala Lumpur, etc.)
  • Par bateau : de nombreux ferries et navettes relient Singapour à l'Indonésie notamment.
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